Psychologue du travail :
un positionnement singulier, au croisement du travail et de la clinique
Psychologue du travail :
un positionnement singulier, au croisement du travail et de la clinique
Publié le 26 octobre 2025
Ces dimensions font partie de son champ d’action, mais elles ne suffisent pas à définir sa posture.
Le psychologue du travail se distingue avant tout par son regard clinique sur le travail humain — un regard qui dépasse la simple observation pour interroger le sens, les tensions et la subjectivité au cœur de l’activité.
Tous les psychologues du travail ne sont pas cliniciens de l’activité
La psychologie du travail regroupe plusieurs approches : ergonomique, psychosociale, organisationnelle, clinique…
Parmi elles, la clinique de l’activité occupe une place singulière. Inspirée notamment des travaux d’Yves Clot,
de Katia Kostulski et d’autres chercheurs ayant prolongé cette approche…, elle s’intéresse à ce qui se joue
dans l’activité réelle, là où le travail prescrit rencontre le travail effectivement réalisé.
Être clinicien de l’activité, c’est considérer que la santé psychique se construit (ou se fragilise) dans la manière dont les personnes peuvent se débattre avec les contraintes de leur travail, inventer, négocier, confronter leurs points de vue et transformer ce qui leur résiste.
Le regard porté n’est donc pas seulement organisationnel ou comportemental, mais profondément clinique :
il vise à comprendre le rapport subjectif au travail, et comment celui-ci influence la santé, l’engagement et le sens.
Travailler sur le travail réel
Le psychologue clinicien de l’activité travaille avec les professionnels sur leurs situations concrètes.
L’entretien, l’observation ou l’analyse collective de l’activité servent de supports pour faire émerger ce qui, dans le travail, empêche d’agir, de penser ou de coopérer.
L’objectif n’est pas d’apporter des solutions toutes faites, mais de créer des espaces où les acteurs peuvent redonner du sens à leur activité et retrouver une marge de manœuvre sur ce qu’ils vivent.
C’est cette dynamique qui permet de restaurer le pouvoir d’agir : la capacité à penser, à discuter et à transformer son travail avec les autres.
Une posture spécifique : neutralité, écoute et co-construction
Le psychologue du travail clinicien de l’activité n’est ni coach, ni consultant, ni médiateur, même si certaines interventions peuvent parfois y ressembler.
Sa spécificité réside dans sa posture clinique : une position d’écoute, de neutralité et de respect de la subjectivité.
Il ne s’agit pas d’évaluer les personnes, ni de juger leurs pratiques, mais de comprendre les logiques de leur activité et les compromis qu’elles élaborent au quotidien pour “tenir” leur travail.
Cette posture s’accompagne d’une éthique forte : confidentialité, respect du cadre de l’intervention, absence de jugement et refus de toute instrumentalisation par l’entreprise.
Le psychologue n’est pas au service d’un objectif de performance, mais de la santé au travail — entendue comme la possibilité de faire un travail de qualité tout en préservant son équilibre psychique et social.
Quels bénéfices pour l’entreprise ?
Faire appel à un psychologue du travail clinicien de l’activité, c’est opter pour une approche de fond, centrée sur le travail réel.
Cela permet de :
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Prévenir les risques avant qu’ils ne se traduisent par du burn-out, de l’absentéisme ou des conflits ;
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Comprendre les dysfonctionnements à partir du vécu des salariés, et non seulement via des indicateurs ;
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Soutenir les collectifs de travail, souvent mis à l’épreuve par les changements organisationnels ;
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Recréer des espaces de dialogue, pour penser ensemble le travail et élaborer des pistes d’action concrètes.
Ce travail de co-analyse du réel favorise à la fois la santé psychologique, la qualité du travail et la coopération.
En restaurant le pouvoir d’agir des salariés, l’entreprise se dote d’un levier durable de performance et de sens.
Une approche exigeante mais profondément humaine
La clinique de l’activité demande du temps, de la confiance et une réelle volonté de l’organisation de se questionner.
Elle suppose d’accepter que les difficultés rencontrées ne soient pas uniquement individuelles, mais souvent liées à la manière dont le travail est organisé, régulé ou discuté.
C’est une démarche exigeante, mais profondément humaine : elle remet le travail vivant au centre, celui que les professionnels ajustent, inventent, réparent au quotidien pour “que ça tienne”.
En pratique : des interventions au service du travail réel
L’intervention du psychologue du travail clinicien de l’activité peut prendre différentes formes, selon la demande et le contexte :
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Analyse du travail réel : accompagnement de collectifs dans l’exploration de leurs activités, pour identifier tensions, empêchements et ressources.
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Régulation d’équipe : soutien à des équipes en difficulté, à partir de situations concrètes de travail.
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Accompagnement de managers : aide à la compréhension des enjeux humains du travail et à la régulation des collectifs.
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Prévention du burn-out et des risques psychosociaux : repérage des facteurs organisationnels et discussion des marges de manœuvre possibles.
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Appui à la transformation du travail : participation à des projets de réorganisation, en veillant à ce que la parole sur le travail reste au cœur du processus.
Ces interventions ne visent pas à “corriger” les comportements, mais à faire émerger une intelligence collective du travail.
C’est dans cet espace de dialogue et de co-construction que peuvent se (re)construire la santé, le sens et la qualité du travail.
En conclusion : Penser le travail, c’est déjà agir pour la santé.
Et restaurer le pouvoir d’agir des professionnels, c’est leur permettre de redevenir auteurs de leur activité — et pas seulement exécutants d’un prescrit.
