Jeunes adultes : pourquoi l'été ne soulage pas toujours la souffrance psychique.
Jeunes adultes : pourquoi l'été ne soulage pas toujours la souffrance psychique.
Publié le 22 juillet 2026
Lorsque les études s'arrêtent, que le travail ralentit ou que chacun part de son côté, les repères habituels disparaissent. Le rythme change. Les journées deviennent moins structurées. Les pensées prennent davantage de place.
Pour beaucoup, cette transition est agréable.
Pour d'autres, elle met en lumière une souffrance jusque-là contenue par le quotidien.
Une dépression qui ne ressemble pas toujours à la dépression
Lorsque l'on pense à la dépression, on imagine souvent une personne triste, en pleurs, incapable de sortir de son lit.
Chez les jeunes adultes, la réalité est parfois bien différente.
La souffrance peut s'exprimer par :
-
Une irritabilité inhabituelle,
-
Une perte d'élan ou de motivation,
-
Un repli progressif sur soi,
-
Une fatigue persistante,
-
Une impression de fonctionner « en pilote automatique ».
Certaines personnes poursuivent leurs études, travaillent, voient leurs amis… tout en ayant le sentiment de ne plus vraiment vivre ce qu'elles font. La présentation peut paraître relativement fonctionnelle malgré une souffrance psychique importante.
« Pourtant, tout devrait aller bien… »
L'été peut aussi renforcer un sentiment de décalage.
Les réseaux sociaux montrent des vacances idéales, des soirées entre amis, des voyages, des projets.
Lorsqu'un jeune adulte traverse une période dépressive, cette comparaison peut devenir douloureuse.
Il peut avoir le sentiment d'être le seul à ne pas profiter de cette période.
La culpabilité s'ajoute alors à la souffrance.
Le cerveau du jeune adulte est encore en construction
Entre 18 et 25 ans, de nombreux changements se produisent simultanément :
-
Construction de l'identité ;
-
Entrée dans les études supérieures ou la vie professionnelle ;
-
Autonomie financière progressive ;
-
Premières relations amoureuses durables ;
-
Interrogations sur l'avenir.
Cette période de transition est riche, mais elle peut aussi être particulièrement vulnérable lorsque s'ajoutent des difficultés psychologiques.
Demander de l'aide n'est pas un signe de faiblesse.
C'est souvent une manière de prendre soin d'un cerveau qui continue à se développer.
Retrouver les couleurs
La dépression agit parfois comme une paire de lunettes qui ne laisserait passer qu'une seule couleur.
Tout paraît terne.
Les réussites perdent leur saveur.
Les difficultés semblent insurmontables.
Le travail thérapeutique ne consiste pas à dire à la personne que « tout va bien ».
Il consiste progressivement à l'aider à retrouver un champ de vision plus large, où les difficultés existent toujours, mais où les ressources, les possibilités et les moments agréables redeviennent progressivement perceptibles.
Les ressources existent déjà
Même lorsqu'elles sont difficilement accessibles, les jeunes adultes conservent souvent des ressources sur lesquelles il est possible de s'appuyer : créativité, intérêts personnels, activités artistiques, capacités d'engagement ou relations significatives. Ces ressources ne font pas disparaître la souffrance, mais elles peuvent constituer des points d'appui précieux dans le parcours de soin.
Un message pour cet été
Si vous êtes parent, proche, ami ou collègue d'un jeune adulte, n'attendez pas forcément qu'il exprime clairement son mal-être.
Un simple : « Comment vas-tu… vraiment ? » peut parfois ouvrir un espace de parole.
Et si vous êtes vous-même concerné, rappelez-vous qu'il n'est pas nécessaire d'attendre la rentrée pour demander de l'aide.
La souffrance psychique ne prend pas de vacances.
La prise en charge non plus.
Prendre soin de sa santé mentale, c'est aussi reconnaître que certaines saisons rendent nos fragilités plus visibles. Demander de l'aide n'est pas renoncer : c'est déjà commencer à avancer.
