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Et si je ne fais pas 
bonne impression ? 

Et si je ne fais pas bonne impression ?
Publié le 07 septembre 2026

Mais que se passe-t-il lorsque ce regard prend trop de place ?

Lorsque notre perception de nous-mêmes varie en fonction d'un compliment, d'une critique, d'une réaction que nous avons cru percevoir… ou même de ce que nous imaginons que l'autre a pensé de nous ?

La question n'est alors peut-être plus seulement : « Quelle impression ai-je donnée ? » mais « Qu'est-ce que cette impression dit de ma valeur ? »

Et ce glissement change beaucoup de choses.

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Confiance en soi et estime de soi : de quoi parle-t-on ?

Dans le langage courant, nous parlons volontiers de « manque de confiance en soi ». Pourtant, derrière cette expression peuvent se cacher des réalités différentes.

L'estime de soi concerne notamment le jugement que nous portons sur nous-mêmes : est-ce que je me considère comme quelqu'un de valable ? Capable ? Important ? Elle intervient dans notre manière d'aborder les situations, de vivre nos réussites et nos échecs ou encore de nous mobiliser pour atteindre un objectif.

Elle ne se résume donc pas à se trouver des qualités.

Elle implique notamment de pouvoir reconnaître ses forces et accepter ses limites sans que celles-ci deviennent un motif de dévalorisation ou de blâme envers soi-même.

Elle concerne également notre sentiment de compétence : la perception que nous avons de nos capacités influence notre motivation, notre engagement et notre persévérance lorsque nous cherchons à atteindre un but.

Autrement dit, avoir une estime de soi suffisamment solide ne signifie pas penser que nous sommes bons partout.

C'est pouvoir reconnaître : « Je sais faire certaines choses. D'autres me sont difficiles. Je peux échouer, apprendre, progresser ou parfois avoir besoin d'aide. Rien de cela ne résume ma valeur en tant que personne. »

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Quand le regard des autres devient notre miroir

Imaginons une situation banale.

Vous rencontrez de nouvelles personnes. Vous aimeriez naturellement faire bonne impression. Pendant la conversation, vous commencez à vous observer :

  • Est-ce que je parle trop ?

  • Est-ce que ce que je raconte est intéressant ?

  • Pourquoi cette personne n'a-t-elle pas souri ?

  • J'aurais peut-être dû me taire…

Puis vous rentrez chez vous. Et la conversation continue… mais cette fois dans votre tête.

Vous repassez certaines phrases, analysez les réactions, imaginez ce que les autres ont pu penser.

À partir de quelques informations parfois très ambiguës, une conclusion peut finir par apparaître :

  • « Je n'ai pas été intéressant. »

  • « Ils ont dû me trouver ridicule. »

  • « Je ne sais décidément pas me comporter avec les autres. »

Nous sommes alors passés d'une situation extérieure à un jugement global sur nous-mêmes.

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Le cercle peut alors s'entretenir

En TCC, nous nous intéressons notamment à la manière dont pensées, émotions et comportements interagissent.

Lorsque faire bonne impression devient très important, nous pouvons davantage surveiller notre comportement et les réactions des autres.

  • Je veux absolument faire bonne impression

  • Je surveille ce que je dis et ce que je fais

  • Je recherche des indices dans les réactions des autres

  • J'interprète ces indices

  • Je me juge à partir de ce que j'imagine qu'ils pensent de moi

  • Je repense ensuite à l'interaction→ j'aborde la suivante avec encore davantage d'enjeu.

Et certaines stratégies destinées à nous protéger peuvent paradoxalement entretenir le problème : ne pas prendre la parole, préparer excessivement ce que nous allons dire, chercher à être constamment rassuré, éviter certaines situations, nous conformer systématiquement aux attentes supposées des autres…

À court terme, elles peuvent soulager.

À plus long terme, elles nous donnent peu d'occasions de découvrir que nous pouvons supporter de ne pas maîtriser l'impression que nous produisons.

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Le but n'est pas de s'en ficher. Le but est de ne plus en dépendre.

C'est là que notre illustration prend tout son sens.

« Je me fiche de faire bonne impression » peut sembler être la solution idéale.

Mais avoir confiance en soi ne consiste pas à devenir indifférent aux autres.

Nous pouvons apprécier un compliment. Être touchés par une critique. Avoir envie d'être reconnus par les personnes qui comptent pour nous. Nous demander si nous avons blessé quelqu'un et modifier notre comportement lorsque cela nous paraît justifié.

C'est pouvoir tenir compte du regard des autres sans faire dépendre notre valeur de ce qu'ils pensent de nous.

La différence est importante.

Le regard de l'autre devient une information parmi d'autres, et non le verdict qui détermine qui nous sommes.

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Et si l'autre me critique vraiment ?

C'est peut-être là que la confiance en soi devient particulièrement intéressante.

Car tout n'est pas toujours une erreur d'interprétation.

Parfois, quelqu'un nous critique réellement. Parfois, nous décevons. Parfois, nous commettons une erreur. Parfois encore, quelqu'un ne nous apprécie tout simplement pas.

Une estime de soi suffisamment stable ne consiste pas à répondre : « Il a tort, je suis formidable. »

Elle permet plutôt de se demander :

  • Qu'est-ce que je pense de cette critique ?

  • Contient elle quelque chose qui peut m'être utile ?

  • Ai-je effectivement commis une erreur ?

  • Est-ce quelque chose que je souhaite changer ?

  • Ou cette appréciation appartient elle simplement à l'autre ?

C'est aussi cela, le respect de soi : pouvoir se définir, s'affirmer et se différencier des attentes d'autrui lorsque celles-ci ne correspondent pas à nos valeurs ou à nos choix.

Nous pouvons donc entendre : « Je n'aime pas ce que tu as fait. » sans traduire automatiquement : « Je ne vaux rien. »

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Construire une relation différente avec soi-même

Notre façon de nous parler compte également.

Un dialogue intérieur constamment critique — « tu es nul », « tu aurais dû », « tu n'es jamais à la hauteur » — n'a évidemment pas les mêmes effets qu'une attitude qui reconnaît l'erreur ou la difficulté sans transformer chacune d'elles en condamnation personnelle.

Développer son estime de soi ne consiste donc pas à se répéter artificiellement que l'on est extraordinaire.

Cela peut commencer beaucoup plus modestement : accepter de ne pas être parfait, reconnaître ce que l'on sait faire, accepter ce que l'on ne sait pas encore faire, identifier ce qui compte pour soi, oser davantage agir en accord avec ses valeurs et apprendre progressivement à supporter que les autres ne valident pas toujours nos choix.

Alors, peut-être pouvons-nous remplacer : « Il faut que je fasse bonne impression. » par :

« J'aimerais faire bonne impression. Mais si ce n'est pas le cas, cela ne définit ni qui je suis, ni ce que je vaux. »

Parce que notre valeur personnelle ne devrait pas être suspendue à chaque sourire, chaque silence, chaque compliment ou chaque critique.

Et heureusement.

Même Vincidore (charmant samoyède de l’illustration) finirait par trouver cela épuisant.

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