Cuisiner pour s’ancrer :
la magie des bredele
Cuisiner pour s’ancrer :
la magie des bredele
Publié le 14 décembre 2025
Cuisiner n’est pas seulement un acte du quotidien : c’est un rituel sensoriel et émotionnel, un moyen de remettre de la présence là où le mental s’éparpille, une façon simple et accessible de s’ancrer dans l’instant.
La cuisine, un ancrage corporel et psychique
Lorsque l’on cuisine, tout le corps participe :
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les mains pétrissent,
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le nez respire les épices,
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l’oreille écoute le crépitement du four,
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les yeux suivent la transformation de la pâte,
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la bouche goûte, ajuste, renforce le lien à l’expérience.
En psychologie, notamment dans les approches cognitivo-comportementales, nous utilisons l’ancrage comme outil thérapeutique pour ramener l’attention au moment présent, réduire le stress, apaiser les ruminations mentales et reconnecter la personne à des sensations stables et sécurisantes.
Or, la cuisine réunit naturellement ces mécanismes : elle mobilise le corps, engage les sens, impose un rythme plus lent et crée une bulle de concentration douce et absorbante.
C’est une forme de pleine conscience appliquée, accessible à tous.
Les bredele : des biscuits, mais aussi une histoire, un lien, une mémoire
En Alsace, l’arrivée de l’Avent marque le début d’un rituel profondément ancré : la préparation des bredele, ces petits biscuits de Noël aux formes variées.
Chaque famille a ses recettes, ses secrets, ses gestes transmis.
C’est un moment où l’on se retrouve, où l’on fabrique quelque chose ensemble, où l’on prépare pour ceux qu’on aime.
Au-delà de leur beauté et de leur parfum réconfortant, les bredele racontent quelque chose d’essentiel :
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La continuité : d’une année à l’autre, d’une génération à l’autre, on refait les mêmes gestes.
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Le partage : on en offre aux voisins, aux proches, parfois même aux collègues.
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La créativité : chacun apporte sa touche personnelle.
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La présence : on se concentre, on façonne, on décore.
Ces biscuits ne sont pas qu’une gourmandise.
Ils sont un support émotionnel, un vecteur de lien, un rituel de saison qui permet de reprendre contact avec ce qui est doux, simple et stable.
Cuisiner comme espace intérieur
Pour certaines personnes, cuisiner apaise.
Pour d’autres, cela structure la journée.
Pour d’autres encore, cela réveille des souvenirs puissants : une grand-mère, une odeur, un moment d’enfance.
C’est là toute la force des rituels culinaires :
ils permettent d’ouvrir un espace intérieur où l’on peut respirer, se recentrer, ralentir.
Dans une société où tout s’accélère, où l’esprit est souvent saturé, retrouver des gestes simples est une manière de reprendre soin de soi.
Pourquoi ne pas essayer ?
Cette année, peut-être pourriez-vous vous offrir ce moment :choisir une recette, sortir la farine, allumer le four, laisser les épices remplir la cuisine.
Il ne s’agit pas de réussir des biscuits parfaits.
Il s’agit de créer un instant : un instant qui sent bon, un instant qui rassemble, un instant qui apaise.
Quelques minutes de présence.
Quelques gestes pour vous reconnecter.
Un moment suspendu avant les fêtes.
Et si cuisiner devenait, pour cette fin d’année, un moyen de vous ancrer plus profondément dans ce qui compte pour vous ?
