Journée mondiale Alzheimer
Derrière la maladie, il y a toujours une personne
La maladie d’Alzheimer est l’une des pathologies qui inquiètent le plus. Elle touche à la mémoire, à l’identité, à l’autonomie, et suscite souvent des tabous. Pourtant, mieux comprendre son évolution permet de mieux accompagner les personnes concernées et leurs proches.
Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ?
Il s’agit d’une maladie neurodégénérative : les cellules nerveuses du cerveau s’altèrent progressivement, entraînant une perte de mémoire, du langage, des fonctions exécutives (planification, organisation), mais aussi des troubles de la reconnaissance ou du comportement. Contrairement à ce que l’on pense parfois, il ne s’agit pas d’un « vieillissement normal », mais bien d’une pathologie.
Une réalité de santé publique
En France, environ 1,4 million de personnes vivent aujourd’hui avec la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée. Dans le monde, ce chiffre dépasse les 55 millions. Avec l’allongement de l’espérance de vie, la prévalence est appelée à augmenter dans les prochaines décennies.
Les premiers signes : un vécu déroutant
Au tout début, la personne peut s’exprimer ainsi :
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« Je ne sais pas ce qui se passe dans ma tête… »
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« J’ai comme un trou dans ma mémoire… »
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« Je suis paumé… »
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ou encore « Vous savez, à mon âge… », pour trouver une explication rassurante.
Ces manifestations correspondent souvent à une amnésie antérograde (difficulté à enregistrer de nouvelles informations). À ce stade, il est possible de proposer des prises en charge adaptées (restructuration cognitive, accueil de jour, information des aidants) afin de maintenir le plus d’autonomie possible.
Les chercheurs décrivent généralement six stades d’évolution de la maladie :
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Stade 1 : aucune déficience
Les fonctions cognitives sont normales. Aucun symptôme n’est décelé.
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Stade 2 : déficit cognitif très léger
Petits oublis, mots qui échappent, objets perdus. La personne trouve souvent des excuses à ses trous de mémoire.
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Stade 3 : déficit cognitif léger
Les proches commencent à remarquer les troubles : difficultés à trouver ses mots, à se rappeler le nom d’une personne rencontrée récemment, à organiser certaines tâches quotidiennes.
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Stade 4 : déficit cognitif modéré
L’oubli des événements récents devient manifeste, tout comme les difficultés à résoudre des calculs ou gérer des tâches complexes (préparer un repas, gérer les finances).
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Stade 5 : déficit cognitif modérément sévère
La personne a besoin d’aide pour les activités de la vie quotidienne. Les repères temporels et spatiaux s’altèrent. L’autonomie diminue, même si certains souvenirs lointains restent accessibles.
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Stade 6 : déficit cognitif sévère
Les troubles de la mémoire et de la reconnaissance s’accentuent : difficultés de praxie, prosopagnosie (incapacité à reconnaître les visages, y compris parfois son propre reflet), troubles du sommeil, incontinence, hallucinations ou comportements inhabituels.
Comment accompagner ?
L’annonce d’un diagnostic reste un choc, pour la personne comme pour son entourage. Pourtant, un accompagnement adapté peut améliorer la qualité de vie :
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Écouter et soutenir sans minimiser ni dramatiser.
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Valoriser les capacités préservées et maintenir l’estime de soi.
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Proposer des activités qui ont du sens, pour stimuler et préserver les repères.
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Soutenir les proches aidants, qui sont eux aussi confrontés à une épreuve quotidienne.
En conclusion
La maladie d’Alzheimer bouleverse profondément la vie de la personne concernée comme celle de ses proches. Elle peut aller jusqu’à altérer les liens les plus intimes, lorsque la reconnaissance des visages familiers s’efface. Elle met également à l’épreuve la dignité, notamment au regard des prises en charge en institution.
Mieux comprendre cette réalité, c’est déjà un pas vers un accompagnement plus juste, plus humain et plus respectueux, malgré les difficultés.
Journée mondiale Alzheimer
Publié le 17 septembre 2025
