top of page

Un milliard de personnes concernées :
l’urgence d’investir dans la santé mentale

Un milliard de personnes concernées : l’urgence d’investir dans la santé mentale
Publié le 11 octobre 2025

Les données récentes publiées par l’OMS (World mental health today et Mental health atlas 2024) dressent un constat clair : des progrès existent, mais les investissements demeurent insuffisants et les inégalités criantes.

À l’heure où la santé mentale se veut une priorité mondiale, il est urgent d’agir.

Une réalité universelle

Les problèmes de santé mentale ne connaissent ni frontières ni barrières sociales. Ils concernent toutes les tranches d’âge et tous les niveaux de revenus.

  • Les troubles anxieux et dépressifs restent les plus fréquents, touchant des millions de personnes.

  • Le suicide demeure une conséquence dramatique : environ 727 000 décès en 2021. Il est l’une des principales causes de mortalité chez les jeunes, dans tous les contextes socio-économiques.

  • Les troubles mentaux figurent parmi les premières causes d’invalidité à long terme et entraînent une perte importante d’années de vie en bonne santé.

Ce constat rappelle que la santé mentale est un enjeu de santé publique global, au même titre que les maladies cardiovasculaires ou le cancer.

Un coût humain et économique colossal

Les répercussions dépassent la sphère individuelle.

  • Sur le plan humain : perte de qualité de vie, isolement, difficultés scolaires ou professionnelles.

  • Sur le plan économique : les seuls troubles anxieux et dépressifs coûtent à l’économie mondiale 1 000 milliards de dollars par an en perte de productivité.

  • Les dépenses de santé augmentent pour les personnes et leurs familles, aggravant parfois des situations de précarité.

La santé mentale n’est donc pas seulement un enjeu médical : c’est aussi un levier de développement économique et social.

 

Des investissements insuffisants et inégalitaires

Malgré une prise de conscience croissante, les investissements stagnent.

  • Les dépenses publiques en santé mentale ne représentent en médiane que 2 % des budgets de santé – le même chiffre qu’en 2017.

  • Les inégalités sont frappantes : jusqu’à 65 USD par personne consacrés à la santé mentale dans les pays à revenu élevé, contre seulement 0,04 USD dans les pays à faible revenu.

  • Le nombre de professionnels reste très limité : 13 pour 100 000 habitants en moyenne mondiale, avec des pénuries extrêmes dans les pays les plus vulnérables.

 

À cela s’ajoute une réforme trop lente : moins de 10 % des pays ont adopté des modèles de soins de proximité, et les hospitalisations sans consentement demeurent fréquentes, parfois prolongées au-delà d’un an.

Les priorités de l’OMS

Face à ce constat, l’OMS appelle à une transformation profonde des services de santé mentale. Les priorités identifiées :

  • Renforcer les services de proximité et réduire la dépendance aux grands hôpitaux psychiatriques.

  • Intégrer la santé mentale dans les soins primaires, afin que chacun puisse être pris en charge près de chez soi.

  • Lutter contre la stigmatisation, qui reste un frein majeur à la demande d’aide.

  • Adopter une approche fondée sur les droits humains, encore trop rarement appliquée dans les législations nationales.

  • Prévenir dès le plus jeune âge : programmes en milieu scolaire, prévention du suicide, soutien au développement de l’enfant.

 

En conclusion

Les troubles psychiques concernent aujourd’hui une personne sur huit dans le monde. Derrière ces chiffres, il y a des vies, des familles, des communautés fragilisées.

Comme le rappelle le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS :
« Investir en faveur de la santé mentale, c’est investir dans les personnes, les communautés et les économies. Aucun pays ne peut se permettre de négliger cet enjeu. »

La santé mentale doit être reconnue comme un droit fondamental, et non comme un privilège.
Investir, c’est réduire les inégalités, améliorer la qualité de vie et préparer des sociétés plus résilientes.

2.png
bottom of page